Tribune de l’Ambassadrice : La nécessité de l’intégration régionale (29 juin 2016) [bs]

A quelques jours du sommet de Paris sur les Balkans, l’Ambassadrice s’est exprimée dans les quotidiens Nezavisne Novine et Večernji List, ainsi que sur le portail Avaz.ba.

Retrouvez ci-dessous une traduction française de cette tribune.

Le 4 juillet, la France accueillera les Balkans occidentaux pour un sommet de haut niveau

A Paris, le Président de la République française accueillera les chefs de gouvernements de tous les pays des Balkans occidentaux pour évoquer ensemble la poursuite de l’intégration régionale, clé du développement. Ainsi, l’agenda politique se concentrera sur plusieurs grandes problématiques : connectivité des transports et de l’énergie, économie, sécurité des frontières.

Cette réunion fait suite à celles de Berlin en 2014 et de Vienne en 2015.

La connectivité des transports et de l’énergie, c’est l’enjeu majeur de la région, pour son développement tant économique que social. C’est facile à comprendre. Les pays des Balkans occidentaux figurent parmi les premiers partenaires économiques de la Bosnie-Herzégovine. Ces liens doivent être facilités par l’intensification de la circulation des biens et des personnes. C’est sur cet agenda que l’Union européenne concentre ses efforts financiers.

La connectivité concerne d’abord les transports. Dans ce domaine, les projets seront examinés en fonction de leur cohérence dans la région. Chaque pays établit en effet sa stratégie de transport qui s’articule à celle de son voisin :une route ou une liaison ferroviaire qui s’arrêtent à la frontière ne servent à rien ! Ces réseaux de transports doivent de la même façon avoir une cohérence interne à chaque pays : c’est pour cette raison que chaque pays doit établir une stratégie nationale des transports. C’est pour cette raison également qu’il n’y aura pas de fonds européens pour les pays qui seront incapables de présenter une stratégie nationale. Les pays le savent, chacun prend ses responsabilités à quelque niveau qu’il soit.

L’enjeu de développement économique est le même pour ce qui concerne l’énergie. Le sujet est complexe compte tenu de la diversité des sources énergétiques, de la variété des systèmes de production et de distribution d’énergie. S’ajoutent à cela les engagements de réduire les gaz à effet de serre, pour effectuer la transition vers les énergies renouvelables et protéger le climat. C’est la survie de la planète qui est en jeu. Ce sont aussi d’énormes enjeux de santé publique, pour les populations exposées aux énergies polluantes, particulièrement les personnes vulnérables, dont les enfants.

A Paris, les ministres des affaires économiques évoqueront enfin les problématiques de l’endettement lié aux infrastructures. Pour cette réunion, ils seront en présence des bailleurs européens. S’endetter pour investir, c’est poser une option pour l’avenir. Au contraire, l’endettement pour payer des charges de fonctionnement n’a pas vocation à perdurer. Ces problématiques importantes pour l’équilibre financier des pays de la région seront ainsi traitées en toute transparence.

Une rencontre avec les forces qui font l’avenir des Balkans occidentaux

Le développement d’une région passe avant tout par celui des acteurs humains. La France a voulu se concentrer sur ceux qui représentent l’avenir de la région : sa jeunesse. Nous espérons vivement que soit créé à Paris l’Office régional de coopération pour la jeunesse « Regional Youth Cooperation Office » (RYCO). Cet organisme s’inspire de l’Office franco-allemand de la jeunesse, créé en 1963, qui avait pour objet de nouer des liens entre les jeunes des deux pays. Il fallait que ces jeunes se connaissent pour ne plus se détester, loin des stéréotypes véhiculés après trois terribles guerres. La jeunesse des Balkans doit construire sa propre opinion, en se libérant des idées reçues inculquées par des systèmes éducatifs défaillants ou des programmes tronqués. Nous faisons ainsi confiance aux jeunes et à leur intelligence.

Au-delà de la jeunesse et de ses légitimes désirs d’un avenir apaisé, la société civile est également un acteur moteur des changements. C’est à ce titre qu’un évènement sera organisé pour elle et avec elle. La société civile est au cœur de toutes les démocraties. La France souhaite favoriser les échanges entre ces organisations, au sein de la région des Balkans occidentaux et avec le reste de l’Europe. Les rencontres qui auront lieu les 3 et 4 juillets permettront, je l’espère, des discussions fructueuses et de nouveaux partenariats sur les questions clé que sont la gouvernance démocratique, le changement climatique et les migrations.

La France dans les Balkans

D’un point de vue économique, la France et les Balkans occidentaux doivent mieux se connaître pour développer des opportunités d’affaires au bénéfice de l’ensemble des partenaires. Pour cela, nous organiserons à Paris un Forum d’affaires pour que les entreprises françaises rencontrent les ministres en charge du commerce extérieur, qui présenteront les atouts de leurs pays. Les entreprises de la région qui accompagneront les ministres pourront également avoir des rendez-vous d’affaires avec les entreprises françaises et nouer des contacts dans trois secteurs : les transports ; l’énergie et l’efficacité énergétique ; et les innovations technologiques.

La France renouvelle ainsi son intérêt pour les pays des Balkans occidentaux. Loin des querelles idéologiques qu’on veut parfois lui faire porter, la France s’engage de manière claire et transparente dans les Balkans, pour contribuer au développement et à l’intégration des pays de la région.

Dans ce cadre, je veux insister sur l’importance de l’agenda de réformes en Bosnie-Herzégovine. Accepté par l’ensemble des partis politiques du pays, cet agenda doit permettre d’améliorer la situation économique de la Bosnie-Herzégovine. Il reste encore beaucoup de travail et de longue haleine. Les tentations de s’arrêter en chemin sont nombreuses. On le constate au quotidien. On éprouve de la surprise devant la fantaisie des arguments, brandis avec un aplomb qui semble servir de justification. On s’étonne que l’intérêt collectif le cède systématiquement devant des intérêts particuliers. Que de potentiel pourtant dans ce pays, que de compétences de ses habitants. Quel dommage ! C’est ce message que la France continuera à porter : la Bosnie-Herzégovine a tout pour avancer, à condition qu’elle soit portée avec la responsabilité qui incombe à ses dirigeants. La France est là et continuera de l’être aux côtés de ceux qui travailleront pour l’avenir de ce pays et de tous ses habitants.

Liens externes :
Nezavisne Novine (Banja Luka)
Vecernji List (Mostar)
Avaz.ba (Sarajevo)

Dernière modification : 29/06/2016

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