Tribune conjointe à l’occasion de la Journée franco-allemande (22 janvier 2020) [bs]

A l’occasion de la Journée franco-allemande, l’ambassadeur de France en Bosnie-Herzégovine M. Guillaume Rousson et son homologue allemande, l’Ambassadrice Margaret Uebber, ont publié une tribune conjointe.

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Choisir de construire l’avenir ensemble

Chaque année depuis 2003, l’Allemagne et la France célèbrent la relation privilégiée qui les unit lors de la Journée franco-allemande qui se tient le 22 janvier. Cette date symbolique fait écho au 22 janvier 1963, date de la signature du Traité de l’Elysée, document qui a scellé la réconciliation entre la France et l’Allemagne. En effet, si l’amitié franco-allemande nous semble aujourd’hui aller de soi, cela n’a pas toujours été le cas.

Une amitié aux origines difficiles

Le Traité de l’Elysée sur la coopération franco-allemande a été signé le 22 janvier 1963 par le Président Charles de Gaulle et le Chancelier Konrad Adenauer. Il a établi un partenariat d’exception entre nos deux pays moins de 20 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors que la méfiance était encore grande entre la France et l’Allemagne, deux pays voisins qui se sont durement affrontés à trois reprises entre 1870 et 1945. La décision de créer une base pour la réconciliation entre nos deux pays à ce moment précis faisait donc preuve d’un courage politique impressionnant.

Le Traité de l’Elysée, un tournant décisif

Avec le Traité de l’Elysée, la décision cruciale a été prise de laisser le passé derrière nous et de regarder ensemble vers l’avenir. Il a créé la base pour des relations apaisées et le fondement d’une coopération entre nos deux pays, en favorisant la création d’espaces de dialogue et de rencontres entre les gens. À cette fin, l’Allemagne et la France ont par exemple créé une organisation favorisant les échanges entre les jeunes de nos deux pays (l’OFAJ - Office Franco-Allemand pour la Jeunesse) et une chaîne de télévision commune bilingue (ARTE), ainsi qu’un manuel d’histoire commun.

Sur la base de ce traité, les relations franco-allemandes se sont intensifiées et diversifiées au cours des 57 dernières années. Nos économies se sont développées ensemble, nous menons régulièrement des consultations politiques et nous nous coordonnons étroitement en politique étrangère.

L’année dernière, nos deux pays ont souhaité donner un nouvel élan à notre coopération et c’est ainsi qu’a été signé le 22 janvier 2019 le Traité d’Aix-la-Chapelle qui vise à renforcer les liens déjà étroits entre l’Allemagne et la France, notamment en approfondissant leur engagement commun en faveur de la sécurité et de la prospérité de leurs citoyens. Nous continuerons de mettre cet engagement au service d’une Europe plus souveraine, unie et démocratique.

D’innombrables partenariats entre villes et écoles ont créé de plus en plus de liens entre nos deux pays et de véritables amitiés entre les citoyens. En effet, l’amitié ne se construit pas seulement sur des traités et des visites protocolaires. Elle est aussi constituée, et elle en a besoin pour perdurer, de moments de communion, de convivialité, de plaisir qui viennent nous rappeler l’importance que nous attachons à la joie de vivre ensemble.

Un besoin nécessaire de volonté politique

L’amitié franco-allemande s’est construite dans un contexte particulier et n’est évidemment pas une expérience directement transposable, mais elle montre toutefois de manière concrète que la réconciliation entre des peuples en conflit depuis des siècles est possible.

La Bosnie-Herzégovine a également besoin de réconciliation et de confiance – que ce soit au sein du pays, entre les différentes communautés, ou par rapport à ses voisins des Balkans occidentaux. La réconciliation franco-allemande est un exemple de ce qui peut être accompli quand une véritable volonté politique est mise en œuvre pour favoriser la réconciliation. Cela demande du courage.

Cela implique également de faire face au passé, de surmonter des traumatismes, de créer la confiance entre les peuples et de regarder ensemble vers leur futur. Ce n’est pas un chemin facile, nous le savons tous. La France et l’Allemagne se tiennent ensemble à vos côtés pour vous soutenir et vous aider, mais c’est aux acteurs de la Bosnie-Herzégovine qu’incombe la responsabilité d’établir ensemble une vision pour l’avenir.

Avancer ensemble en Bosnie-Herzégovine

La réconciliation n’est possible que si les gens se rencontrent, échangent et travaillent ensemble. Elle doit, pour réussir, également impliquer et encourager la société civile.

Pendant nos déplacements dans le pays, nous avons déjà vu des exemples concrets et positifs d’efforts de réconciliation en Bosnie-Herzégovine, d’organisations et de personnes qui s’impliquent pour construire l’avenir. La France et l’Allemagne ont une expérience réussie sur ces questions et nous partageons volontiers notre expertise pour continuer à développer ces efforts.

Ainsi, l’Allemagne et la France ont soutenu dès sa création l’Office régional pour la jeunesse des Balkans (RYCO), organisation qui s’emploie à renforcer les liens entre les jeunes de toute la région, et à favoriser leur mobilité et leur employabilité. Elle s’inspire du modèle de l’OFAJ, qui est un partenaire-clé du projet [1].

De notre propre histoire, nous partageons la conviction qu’il est important de créer des opportunités pour les jeunes de se connaître et d’échanger. Ils jouent un rôle crucial dans la réconciliation, mais aussi dans la recherche de solutions aux défis communs. Pour cette raison, nous avons pour objectif cette année de développer encore davantage nos échanges conjoints avec les jeunes du pays pour partager nos expériences. Et nous continuerons, tout au long de 2020, notre engagement à soutenir ensemble la Bosnie-Herzégovine.

[1Pour en savoir plus : https://www.rycowb.org/.

Dernière modification : 22/01/2020

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