Francophones de Bosnie-Herzégovine : Zehra Bajramović, professeur de français [bs]

Mme Bajramović est membre de l’association des professeurs de français de Bosnie-Herzégovine. Elle s’est rendue à Liège du 14 au 22 juillet pour le Congrès mondial des professeurs de français. Découvrez son parcours.

Cet été, l’Ambassade de France vous propose de retrouver sur son site internet des portraits de francophones.
Aujourd’hui nous vous présentons Mme Bajramović. Elle est professeur de français et enseigne au lycée Treća gimnazija à Sarajevo.

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Pourriez-vous nous dire quelques mots sur l’association des professeurs de français de Bosnie-Herzégovine et sur le Congrès de Liège ?

Zehra Bajramović : L’Association des professeurs de français de Bosnie-Herzégovine est une initiative qui a vu le jour en 2004. Elle s’est concrétisée en 2008 avec l’organisation du premier congrès des enseignants de français de tout le pays, avec l’appui de l’Ambassade de France.

L’Association regroupe aujourd’hui plus de 80 adhérents, soit environ la moitié des professeurs de français du pays. Elle a plusieurs objectifs : renforcer l’enseignement du français dans le primaire et le secondaire, renforcer la coopération avec les secteurs éducatifs du pays mais aussi organiser des formations.

Le Congrès auquel j’ai assisté avait pour thème « le français, langue ardente ». Il est organisé tous les 4 ans par la Fédération internationale des professeurs de français (FIPF). Il a abordé principalement la question cruciale de la place et du rôle du français dans l’environnement culturel, social, intellectuel, économique et professionnel d’aujourd’hui et de demain. Environ 2000 personnes du monde entier étaient présentes.

Qu’attendiez-vous de ce Congrès ?

Zehra Bajramović : J’étais très contente de participer à ce congrès. J’ai pu assister aux ateliers relatifs au fonctionnement des Associations de professeurs, mais aussi assister aux ateliers relatifs à la didactique du FLE. C’était aussi l’occasion d’échanger avec d’autres associations, de partager des points de vue et de créer des liens professionnels.
A mon retour en Bosnie, j’ai transmis les résolutions de ce Congrès ainsi que mes nouvelles connaissances à l’ensemble de mes collègues membres de l’association.

Ce Congrès regroupait de nombreux francophones. Pouvez-vous nous raconter comment avez-vous commencé à apprendre le français ?

Zehra Bajramović : J’avais 10 ans quand j’ai décidé d’apprendre cette langue. C’est ma voisine qui était professeur de français et elle m’a donné envie de commencer.
Cela m’a tellement plu que j’ai voulu en faire mon métier et j’ai décidé de faire des études portant spécifiquement sur le français. Je me suis donc inscrite à la faculté de philosophie de l’Université de Sarajevo.
Depuis, j’ai travaillé comme professeur de français et interprète. J’ai travaillé au Centre André Malraux de Sarajevo où j’ai été chargée de l’organisation et de la passation des examens du DELF et du DALF. J’ai aussi travaillé à l’Ecole Supérieure de Journalisme Media plan de Sarajevo. J’ai été représentante de l’ESJ Media plan auprès du réseau de centres francophones de formation au journalisme Théophraste à Lille. Enfin, j’ai enseigné le français aussi au Collège International français de Sarajevo et au lycée de Travnik.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans la langue française ?

Zehra Bajramović : J’aime l’humour français et surtout le côté humoristique de la langue, qui est très imagée.
J’apprécie aussi beaucoup la culture française et notamment la chanson française. J’aime écouter les Négresse Vertes, Noir Désir, Zaz, Indila, Sherifa Luna, ou encore Kendji Girac.
J’utilise souvent la musique dans mes cours et je fais chanter mes élèves. Je pense que les activités ludiques et la mise en mouvement permettent de mieux apprendre.

Est-ce qu’il existe une expression que vous affectionnez particulièrement ?

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Un "chat de gouttière"
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Zehra Bajramović : Comme je l’ai dit, j’aime beaucoup le côté imagé de la langue française. J’aime tout particulièrement la locution « chat de gouttière », ou l’expression « chacun voit midi à sa porte ».

Est-ce qu’il y a quelque chose qui vous perturbe, que vous avez du mal à comprendre dans la langue française ?

Zehra Bajramović : Oui, il y a encore quelques petites choses qui me surprennent. Le passif et les tournures telles que « se faire » + infinitif, comme par exemple la phrase « je me suis fait voler ».
L’usage de la voix passive n’est pas très fréquent en bosnien.

Est-ce que vous avez des idées de futurs projets en lien avec l’enseignement du français ?

Zehra Bajramović : Tout d’abord, je vais pouvoir transmettre les différents enseignements du Congrès à mes collègues.
Par ailleurs, l’association des professeurs de français est actuellement en train de mettre en place un projet avec l’Ambassade de France à Sarajevo. Nous souhaitons sécuriser la place du français comme LV2 optionnel dès le cycle fondamental et développer l’intérêt des familles pour la langue et créer une formation continue à destination des professeurs de français. La création de cette formation s’accompagnera de la visite d’un expert du CIEP (Centre international d’études pédagogiques) afin de concrétiser la stratégie dans le domaine du FLE (français langue étrangère).

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite apprendre le français ?

Zehra Bajramović : Le conseil que je donnerais est très simple : étudier le français par amour de la langue.

Dernière modification : 15/09/2017

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