Portrait de boursier 2017/2018 : Aida et l’ONU

Ancienne boursière du gouvernement français, Aida a décroché une nouvelle bourse pour effectuer une thèse de doctorat. Diplomate, elle souhaiterait écrire sur l’expérience de la Bosnie-Herzégovine au Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Aida, boursière 2017-2018 - JPEG

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Aida Hodzic, je suis diplomate et je travaille au Ministère des Affaires étrangères de Bosnie-Herzégovine dans le département chargé de l’Union européenne. J’ai fait mes études en langues et littérature française, puis deux masters, un en gestion de l’Etat et affaires humanitaires et un deuxième, pour laquelle j’ai été boursière du gouvernement français. J’ai effectué ce deuxième master en France auprès de l’ENA et de l’Université de la Sorbonne et auprès des Universités de Potsdam et Humboldt en Allemagne.

Cette expérience magnifique m’a permis de passer 6 mois en France. Pour l’anecdote, j’ai écrit mon mémoire de master français …. et je l’ai soutenu en allemand !

Aujourd’hui, je suis de nouveau boursière du gouvernement français, cette fois dans le cadre d’un doctorat. Je suis actuellement à la recherche de mon directeur de thèse.

Pourquoi as-tu choisi ce domaine d’étude ?

La diplomatie a été une sorte d’évidence pour moi. Je pense que la guerre a beaucoup influencé ce choix. J’étais adolescente à l’époque et avec ma sœur et mes amis nous parlions beaucoup de comment faire pour que les choses ne se répètent pas. J’ai commencé par travailler au Centre culturel André Malraux, puis à la Direction de l’intégration européenne de Bosnie-Herzégovine, et au bureau du Président du Conseil des Ministres.

Après mon deuxième master je suis entrée au Ministère des Affaires étrangères, et je suis partie à la Mission permanente de Bosnie-Herzégovine auprès de l’ONU, à New York. A l’époque c’était une petite équipe, ce qui m’a laissé l’opportunité de négocier au nom de mon pays pendant les réunions lorsque la Bosnie-Herzégovine était membre du Conseil de Sécurité des Nations Unies. J’ai même eu l’opportunité de m’adresser à l’Assemblée générale de l’ONU !

Cette année, j’ai à nouveau entendu parler des bourses de l’Ambassade de France et notamment du fait que les adultes pouvaient y prétendre. L’Ambassade m’avait également invité à partager mon expérience d’ancienne boursière et je me suis dit que c’était un pas logique de continuer en ce sens pour faire des études doctorales.

Peux-tu présenter ton sujet de thèse ?

Mon but serait de présenter une étude de l’expérience de la Bosnie-Herzégovine au sein du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Plus particulièrement, je souhaiterais me pencher sur les changements internes et externes qu’elle a subis durant cette période. Par exemple, comment la Bosnie-Herzégovine s’est présentée comme un pays post-conflit, et a utilisé son expérience en la matière pour contribuer à la paix et à la sécurité internationale. A ce jour, aucune étude n’a été faite sur notre participation au Conseil de Sécurité. Avec cette thèse, je veux rester engagée auprès de la Bosnie-Herzégovine.

Qu’était pour toi la France avant d’obtenir cette deuxième bourse ?

Depuis 1995, de par mes études et mon travail au Centre André Malraux, la France a toujours été très présente dans ma vie. L’expérience au Centre André Malraux a vraiment été magnifique, et m’a permis de rencontrer de nombreuses personnalités françaises engagée pour soutenir la Bosnie-Herzégovine dans sa période d’après-guerre.

Pourquoi avoir choisi la France pour la ta thèse ?

J’ai réfléchi à l’Allemagne aussi, je dois le reconnaitre. Mais je me suis dit que la France était mon premier amour, et que je devais essayer avec la France. Il faut noter également que la possibilité offerte par la bourse de passer pendant 3 ans au moins 6 mois en France, me permet de continuer mon travail !

Tu as rencontré beaucoup de personnalités françaises quand tu étais au Centre André Malraux… Est-ce que certaines t’ont particulièrement marqué ?

Oh il y en a tellement… Grâce à l’immense réseau de Francis Bueb, moi et les autres avons vraiment pu rencontrer des personnalités magnifiques comme Jeanne Moreau, Jean-Luc Godard, Alain Souchon, etc. Je dois aussi mentionner Rémy Ourdan, qui était journaliste de guerre, mais qui n’a jamais quitté la Bosnie-Herzégovine et qui organise tout les ans le WARM Festival. C’est très fort de voir cet engagement qui a commencé pendant la guerre et qui continue !

Est-ce que tu aurais des conseils à donner à des étudiants bosniens qui souhaiteraient étudier en France ?

Mon conseil est juste d’y aller, et de profiter. Cette bourse est une extraordinaire opportunité. Mon expérience de master a été géniale !

Si vous avez des questions vous pouvez les poser aux agents de l’Ambassade ou de l’Institut français, ils sont très ouverts.

Et surtout, les gens ont tendance à penser que la France et ses opportunités sont seulement réservées à un cercle fermé, pour des gens qui connaissent la France et qui parlent français... C’est faux ! On peut faire des études en France et suivre un cursus en anglais … Et puis vous deviendrez francophone sur place, en y habitant !

Dernière modification : 15/09/2017

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