Les ambassadrices de France et d’Allemagne appellent à la tenue d’une élection à Mostar (1er octobre 2016) [bs]

A l’occasion des élections du 2 octobre, Mme Claire Bodonyi et Mme Christiane Hohmann se sont exprimées ensemble pour défendre les droits des citoyens de Mostar.

Le 1er octobre, veille des élections municipales de 2016, l’Ambassadrice de France et l’Ambassadrice d’Allemagne ont cosigné une tribune, parue dans le journal Dnevni List et sur le portail en ligne Klix.ba

Ambassadrices de France et d'Allemagne - PNG

Retrouvez-en la traduction française ci-dessous :

Pour la Bosnie-Herzégovine, le chemin de l’Union européenne passe aussi par la tenue d’élections municipales à Mostar.

L’acceptation de la candidature de la Bosnie-Herzégovine par les membres de l’Union européenne a été un grand pas pour le pays. La France et l’Allemagne ont soutenu cette décision, qui récompense les efforts accomplis dans les réformes. Il reste encore beaucoup de travail et nos pays accompagneront les prochaines étapes, avec ceux qui se dédient à l’avenir de la Bosnie-Herzégovine et de ses habitants.

Les dirigeants de Bosnie-Herzégovine doivent se saisir du destin de leur pays, ils en ont la responsabilité. Ils ont été élus pour cela. La communauté internationale veillera à la préservation de la paix et au respect des droits fondamentaux des citoyens de ce pays.

Ce weekend, toute la Bosnie-Herzégovine est appelée à choisir ses maires et conseillers municipaux. Toute, vraiment ? Non, car à Mostar, près de 100 000 habitants n’ont toujours pas le droit de choisir leurs représentants. Cette situation est une violation persistante d’une décision de la Cour constitutionnelle de Bosnie-Herzégovine. La situation de Mostar est aussi et surtout un enjeu fondamental de démocratie et de droits de l’Homme. C’est le test de la Bosnie-Herzégovine et de ses dirigeants, qui doivent aujourd’hui démontrer que le destin et les droits des citoyens sont placés au-dessus des calculs politiciens et de leurs profits personnels. C’est cela qui est attendu d’un futur candidat à l’Union européenne.

A Mostar, les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont lancé une initiative de médiation. Nous soutenons totalement leurs efforts, qui visent à favoriser un accord entre les acteurs locaux. En effet, ce sont ces acteurs, ces partis, qui détiennent toutes les clés pour une solution partagée. Le dialogue politique doit à présent aboutir.

La situation actuelle de privation des droits civiques repose sur les partis dominants à Mostar. Nous les appelons à cesser leurs jeux politico-financiers. Nous les appelons à faire preuve de responsabilité pour parvenir à un compromis, dans le respect des principes constitutionnels de la Bosnie-Herzégovine, et des intérêts des habitants de Mostar. En tant que membres de l’Union européenne, nous savons à quel point le compromis est au cœur de nos valeurs.

La réconciliation entre les différents groupes ethniques, mais aussi politiques, reste un des défis essentiels de ce pays. Il y a plus de 70 ans que la France et l’Allemagne ont entamé le chemin de leur réconciliation, entre les responsables politiques, mais surtout entre les peuples. Aujourd’hui, nous parlons même du couple franco-allemand ! C’est grâce à la vision responsable des dirigeants politiques des deux côtés que nous avons fait ce qui semblait impossible après la deuxième guerre mondiale : une amitié profonde entre deux peuples, visible dans la vie quotidienne de nos citoyens. A Mostar également, les défis de la réconciliation sont importants. Rendre aux citoyens de Mostar le droit de choisir leurs représentants est une étape clé de ce processus. Pour nous, le chemin de la Bosnie-Herzégovine vers l’Union européenne passe aussi par Mostar.

Dernière modification : 04/10/2016

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