Journée des femmes - L’Ambassadrice répond aux questions de Klix.ba (8 mars 2016) [bs]

A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Mme Claire Bodonyi s’est exprimée sur les défis de l’égalité en Bosnie-Herzégovine et ailleurs dans le monde.

L’Ambassade de France en Bosnie-Herzégovine a tenu à s’associer à la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars.

Outre l’événement organisé à la Résidence de France pour soutenir les femmes qui font bouger la Bosnie-Herzégovine, l’Ambassadrice était également l’invitée du journal de TV1, et a répondu aux questions du portail Klix.ba.

Retrouvez-ci dessous une transcription française de cette interview :

1. Aujourd’hui, on célèbre les avancées économiques, politiques et sociales des femmes. Dans quelle mesure les femmes ont-elles vraiment atteint l’égalité avec les hommes ?

Le 8 mars est d’abord l’occasion de célébrer une prise de conscience. Aujourd’hui, la plupart des citoyens et la plupart des dirigeants ont compris qu’une société ne peut pas avancer si elle ne s’appuie que sur la moitié de sa population. Partout, on parle des mesures nécessaires pour faire progresser les droits des femmes. La disparition de ce tabou, c’est déjà un progrès.

Mais il faut rester mobilisés. Dans ce domaine, si on cesse d’avancer, on recule. Dans les négociations internationales à l’ONU, on observe de nombreuses tentatives pour faire reculer les droits des femmes, et notamment leur droit à disposer de leur corps. Nous devons être vigilants pour empêcher ces dérives.

2. Malheureusement, les violences contre les femmes sont en hausse, notamment dans des pays en développement. Comment lutter contre ce fléau ?

Pour ce grave problème, il faut allier la prévention, l’accompagnement et la sanction. La prévention, c’est l’éducation : mieux les femmes se respectent elles-mêmes, mieux elles peuvent réagir face aux violences. L’accompagnement par les services publics est aussi essentiel. Police, justice, services sociaux et éducatifs doivent être formés pour accueillir les femmes victimes de violences. Enfin, la lutte contre ces violences doit inclure des punitions sévères contre leurs auteurs.

3. Sur la scène politique globale, les hommes demeurent bien plus représentés que les femmes. Où le système a-t-il échoué ? Pourquoi les femmes ne se consacrent pas autant que les hommes à la politique ?

C’est une réalité : aujourd’hui, les femmes ont bien investi les secteurs économiques, mais elles restent en retrait dans la politique.

En France, nous avons imposé, avec succès, un système de parité en politique. Non seulement les listes de candidats doivent toutes compter 50% de femmes, mais l’ordre des candidats doit être « un homme, une femme, un homme, une femme » (ou l’inverse). Avec cette réforme, on s’est aperçus qu’on trouvait sans difficulté de bonnes candidatures féminines ! Quand on leur fait de la place, les femmes n’hésitent plus à s’engager. La Bosnie-Herzégovine pourrait aussi aller plus loin vers une parité réelle.

4. Vous avez eu l’occasion de rencontrer et de vous entretenir avec de nombreuses femmes en Bosnie-Herzégovine. Quels sont leurs droits et dans quels domaines nous devons travailler en priorité sur cette question ?

La situation des femmes en Bosnie-Herzégovine reste difficile. Les enjeux se trouvent dans l’éducation, dans la représentation politique et syndicale, dans la présence dans les secteurs économiques.

Il y a par exemple un grave problème de « plafond de verre ». Les femmes sont bloquées quand elles tentent d’accéder à de vraies responsabilités. En plus, elles ont tendance à limiter elles-mêmes leurs ambitions, à cause d’un manque de confiance lié à leur éducation. Il faut donc améliorer cette éducation, et mettre en place des mesures pour leur permettre de lutter à armes égales. Dans de nombreux pays par exemple, il y a des quotas de femmes dans les conseils d’administrations des grandes entreprises.

5. En Europe, pouvons-nous aujourd’hui parler de droits égaux des femmes et des hommes dans le monde du travail ? Les femmes sont-elles payées pour leur travail de façon égale avec les hommes ?

Les chiffres sont clairs : les femmes restent moins payées que les hommes dans toute l’Europe. Une raison en est que les carrières des femmes qui ont des enfants sont plus difficiles. Mais même à niveau égal de responsabilité, les femmes sont moins payées. En France comme dans d’autres pays, une femme peut aller devant la justice quand elle constate une discrimination. Mais c’est souvent difficile à prouver. C’est pourquoi, dans ce domaine comme dans les autres, nous devons continuer à avancer.

Lien externe :
Interview originale sur le site Klix.ba

Dernière modification : 11/03/2016

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