Conférence mondiale sur le patrimoine en danger (2-3 décembre 2016) [bs]

La Bosnie-Herzégovine participe à la conférence organisée à Abou Dhabi à l’initiative de la France, pour protéger et restaurer le patrimoine culturel menacé par les conflits.

Depuis 2013, la France a fait une priorité de la protection du patrimoine menacé par les conflits et le terrorisme. Le Président de la République, M. François Hollande, s’est associé avec la directrice générale de l’UNESCO, Mme Irina Bokova, et avec le directeur du Musée du Louvre, M. Jean-Luc Martinez, pour proposer des solutions concrètes.

La conférence organisée à Abou Dhabi (Emirats Arabes Unis) les 2 et 3 décembre constitue à la fois l’aboutissement de cet engagement, et le point de départ d’une mobilisation internationale plus efficace.

La conférence permettra de mettre en place de nouveaux outils pour protéger le patrimoine culturel en danger :
- une déclaration politique engageant les 40 Etats participants
- un Fonds international ouvert aux contributions publiques et privées
- un réseau international de refuges pour les biens culturels en danger

La Bosnie-Herzégovine figure parmi les 40 Etats participant à la conférence. A cette occasion, l’Ambassadrice de France s’est exprimée auprès des médias pour rappeler l’importance de la protection du patrimoine culturel dans ce pays :


Claire Bodonyi, Ambassadrice de France en Bosnie-Herzégovine - JPEG
La France et les Emirats arabes unis organisent les 2 et 3 décembre, à Abou Dhabi, la première conférence internationale sur la protection du patrimoine culturel en danger.

Je salue le choix des organisateurs d’y inviter la Bosnie-Herzégovine, représentée par le Président du Conseil des ministres Denis Zvizdić.

La destruction de la cité antique de Palmyre en Syrie, des mausolées musulmans de Tombouctou au Mali, les pillages des musées irakiens, ont montré que nous devons faire davantage pour protéger les biens culturels menacés par les conflits.

A l’initiative de la France, la conférence d’Abou Dhabi doit aboutir à la création d’un fonds international pour protéger le patrimoine culturel en péril. L’objectif est d’atteindre la somme de 100 millions de dollars. Ces fonds serviront à mettre à l’abri certaines œuvres dans un réseau international de refuges temporaires, et à restaurer les sites endommagés.

Je souhaite que la participation de haut niveau de la Bosnie-Herzégovine reflète l’importance de la question de la protection du patrimoine culturel pour ce pays.

Il est inutile de rappeler les innombrables destructions de bâtiments historiques, les centaines d’œuvres volées dans les musées entre 1992 et 1995. Des sites majeurs ont pu être restaurés, tels que la Vijećnica de Sarajevo, le Vieux pont de Mostar, ou la mosquée Ferhadija de Banja Luka. Mais le patrimoine culturel de Bosnie-Herzégovine demeure vulnérable. C’est pourquoi l’Ambassade de France soutient les institutions de Bosnie-Herzégovine dans leur action de protection de ce patrimoine. C’est aussi pourquoi aussi l’Ambassade de France appuie l’action du Centre contre le trafic d’œuvres d’art (CPKU) pour sensibiliser l’opinion publique, et l’accompagne dans ses actions de formation.

L’Ambassade de France a aussi décidé de soutenir le Musée national de Bosnie-Herzégovine. Le Musée national est une institution phare du patrimoine du pays, mais il est toujours menacé par un manque de soutien public. L’aide financière de la France lui permettra de mieux préserver certains de ses trésors historiques, tout en les rendant plus accessibles au public.

Le patrimoine culturel peut aussi être menacé par des catastrophes naturelles. De nombreux bâtiments ont ainsi été endommagés par les inondations de 2014. C’est pourquoi la France a financé la reconstruction de bibliothèques et maisons de la culture à Doboj, Maglaj et Šamac, pour un montant de 2 millions de KM. Tous ces sites réhabilités ont pu ouvrir en 2016.

A Abou Dhabi, la Bosnie-Herzégovine pourra apporter son expérience dans la préservation du patrimoine en temps de guerre, et la réhabilitation des sites endommagés. Mais la mobilisation devra se poursuivre aussi au sein de la Bosnie-Herzégovine, de ses entités et de ses cantons, pour mieux préserver le patrimoine du pays. Je suis fière que la France puisse apporter son aide au cours des prochaines années.

Liens externes :
Article de Nezavisne Novine
Article de Radio Sarajevo

Dernière modification : 02/12/2016

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