Blog de l’Ambassadrice - Journée internationale des droits des femmes [bs]

La pandémie qui maintenant marque notre quotidien depuis plus d’un an a exacerbé toutes ces inégalités présentes autour de nous et n’a que plus mis en valeur le rôle que chacune et chacun de nous jouons dans la société.

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Depuis l’année dernière, les études concernant l’impact de la pandémie n’ont cessé de mettre à jour toutes ces difficultés que les femmes affrontent au quotidien. Elles sont désormais plus étendues et ancrées et représentent donc un défi encore plus rude dans ce monde entièrement touché par la pandémie.

L’autonomisation, l’émancipation des femmes passe indéniablement par des mesures sensibles au genre. Atténuer l’impact de la pandémie passe par une prise de conscience de la place à part entière des femmes au sein de la société. En 2021, il n’est plus possible de négliger presque 50% de l’humanité pour prendre des décisions qui nous concernent toutes et tous. La dimension du genre doit être intégrée dans toutes les mesures. Sa dimension doit être renforcée dans la Constitution et prise en compte de façon généralisée par toutes et tous dans la société pour qu’à aucun moment les femmes ne soient laissées de côté.
Des textes internationaux nous donnent la marche à suivre. Nous devons nous en inspirer et mettre en adéquation nos lois avec ces textes essentiels. Tels que la Déclaration de Pékin et son Programme d’action, plan le plus progressiste au sujet de l’avancement des droits de la femme. À cet égard, le Forum Génération Égalité organisé par ONU Femmes et co-présidé par la France et le Mexique, initialement prévu en 2020 pour marquer son 25e anniversaire, constituera cette année un nouveau grand rassemblement mondial pour l’égalité entre les femmes et les hommes.

De plus, la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique appelée plus communément la Convention d’Istanbul offre un cadre juridique complet pour la prévention de la violence, la protection des victimes et la fin de l’impunité des auteurs de violences. La France s’implique dans la promotion de cette Convention pour prévenir et combattre les violences faites aux femmes.

La pandémie a mis en évidence les inégalités qui touchent les femmes dans leur quotidien et donc la nécessité d’une plus grande participation des femmes au processus décisionnel dans tous les domaines de la vie, de leur émancipation économique, de l’égalité salariale, du partage équitable des tâches familiales et domestiques non rémunérées, de l’élimination de toutes les formes de violence infligées aux femmes et aux filles, l’importance d’accroître la participation des femmes à la prévention et au règlement des conflits, à la consolidation de la paix mais aussi d’établir des services de santé adaptés à leurs besoins.

Je tiens à insister aussi sur l’urgence d’agir contre les violences faites aux femmes, quelles qu’elles soient. Les mesures prises pendant la pandémie pour limiter la propagation du virus comme la restriction des mouvements, l’isolation sociale, les confinements ont engendré une situation risquée pour de nombreuses femmes qui se sont retrouvées coincées avec leur agresseur, subissant alors des violences domestiques de tout ordre. Physiques, sexuelles, morales et même virtuelles au sein de leur propre foyer. Ne condamnons pas les femmes pour ces violences et croyons les, soutenons les dans cette épreuve et accompagnons les jusqu’au bout pour que ces violences ne soient pas banalisées. Les dispositifs déjà existant comme les lignes d’urgences et les refuges doivent recevoir l’aide nécessaire pour continuer à fonctionner correctement. Toutes les organisations mobilisées pour protéger les femmes doivent être soutenues pour pouvoir avancer dans ces temps incertains et des réponses institutionnelles mais aussi juridiques doivent être apportées pour juger et punir les coupables.

Nous ne pourrons parvenir à l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes qu’avec leur participation pleine et entière en tant qu’actrices actives dans la société et cela passe par une mobilisation générale. C’est ce que défend la France. Le président de la République française Emmanuel Macron a fait de l’égalité entre les femmes et les hommes la grande cause de son quinquennat. Elle est le principe directeur et transversal de l’action extérieure de la France qui s’est dotée dès 2007 d’une Stratégie internationale de la France pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères porte à l’international cet engagement par le biais d’une diplomatie féministe.

Je tiens à souligner que cette journée internationale des femmes ne doit pas rester une exception et soulever une prise de conscience seulement une fois par an. Chaque jour, nous devons agir et nous mobiliser pour parvenir à l’égalité entre les femmes et les hommes. En tant que citoyenne et citoyen, cela passe par des gestes simples et pourtant si important pour changer les mentalités. Que ce soit par notre façon de parler, de penser, d’agir. Au quotidien, nous pouvons initier le changement en brisant les stéréotypes et normes sociales qui pèsent sur les femmes et plus largement la société et l’empêche d’avancer de manière solidaire et unie.

— Christine Toudic

Dernière modification : 08/03/2021

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